Qui je suis

Résumé

Formatrice indépendante dans le domaine de la santé publique, entrepreneuse, j’ai auparavant travaillé dans différents secteurs – numérique, social, éducation, environnement.  Je suis également engagée depuis 20 ans dans le monde associatif.
J’ai été élue en 2014 en tant que candidate d’ouverture – sans parti- à la Ville de Rennes, et suis adjointe déléguée à la santé. A ce titre j’ai été élue à la présidence d’un réseau national et international d’élus.

Ma candidature à laPrimaire.org s’inscrit dans un projet de renouvellement de la politique par et avec les habitants de notre pays face à l’urgence de la crise de confiance démocratique que nous vivons. J’ai appelé à une candidature collective autour de l’appel humaniste d’Edgar Morin : Changeons de Voie, Changeons de Vie

32000 internautes ont voté à travers LaPrimaire.org – La Primaire Ouverte pour 2017, et je me suis engagée auprès d’eux à me présenter pour faire entendre une voix citoyenne aux présidentielles.

 

Mon parcours

Depuis mon enfance, j’ai baigné dans une grande diversité d’univers, très modestes et aussi très aisés, avec des cultures différentes. J’en garde la certitude que l’argent ne fait pas le bonheur et que la pauvreté crée de la souffrance, j’en garde aussi les valeurs qui me guident : la tolérance, la solidarité et la quête de justice sociale.

Après un bac C suivi d’un niveau DEUG de Gestion et Économie université Paris IX Dauphine, j’ai souhaité partir à l’étranger pour découvrir le monde et ses richesses ,  et à 42 ans je reste passionnée par l’inter-culturalité. Je suis partie en 1993 à San Francisco aux États-Unis où j’étais jeune-fille au pair et suivais des enseignements artistiques à l’université de Berkeley.

Intervention en 2016 à Singapour

J’ai rencontré cette culture américaine de l’entrepreneuriat, un monde dans lequel tout semblait possible à qui avait de la volonté et de la créativité. J’ai aussi pu bénéficier de ces “freeclinic” qui prodiguent à tous des soins gratuits dans un système de santé extrêmement inégalitaire. Deux exemples qui invitent à partager les solutions qui marchent pour améliorer la société, tout en étant vigilants sur les dérives possibles.

En 1995 je me suis installée à Séville, en Espagne, où j’ai donné des cours de français et suis intervenue en tant que guide touristique, puis j’ai géré un bar culturel pendant 2 ans. Ce fut une première expérience d’être mon propre patron et d’appliquer concrètement les apports théoriques de ma formation.

Forte des rencontres et des apprentissages de ces années à l’étranger, je suis rentrée en France en 2000, à Montreuil en Seine Saint-Denis pour retrouver mon pays et ma famille. Je me suis formée aux nouvelles technologies de l’information (en autodidacte), et j’ai travaillé comme infographiste sur des missions courtes puis j’ai été recrutée comme responsable web-marketing à CanalNet qui deviendra LibertySurf.

Quand mon parcours professionnel rejoint mes engagements associatifs

La question des usages citoyens du numérique, de l’égalité des chances, de la façon dont cet outil est approprié par le secteur public m’a fortement interpellée, et 15 ans après, c’est toujours le cas. Je découvre alors les logiciels libres et les logiques open-sources pour lesquels, depuis, je milite.

J’ai alors rejoint l’équipe de la Fondation Internet Nouvelle Génération à sa fondation, dont je suis devenue la première webmestre. J’étais responsable du site web mais aussi de la lettre d’information et de développement originaux comme la Fabrique des Possibles. C’est là que j’ai découvert les potentiels du développement de partenariats très divers, permettant que des acteurs très différents -entreprises, citoyens, services publics…- se rencontrent et construisent des visions et actions communes.

L’usager au centre

Mon engagement militant pour le droit à la santé s’est manifesté dès le lycée à travers différentes actions, notamment autour de la lutte contre le VIH, et n’a pas cessé depuis. L’efficience de l’action dépend de la façon dont on donne une capacité d’agir aux personnes, pour leur permettre de trouver l’information dont ils ont besoin pour faire leurs choix.

En 2002 je me suis investie dans le soutien à la parentalité, et ai co-fondé l’association Doulas de France qui soutient les femmes et les parents pendant la période périnatale. Dès le départ, avec les co-présidentes, j’ai souhaité rassembler les différents mouvement existants, tout en gardant un cadre scientifique solide, pour travailler en confiance avec les institutions. Pour donner un cadre à cette fonction, j’ai co-créé l’Institut de Formation, conçu les supports de cours avec une pédagogie et suis intervenue pendant plusieurs années en tant que formatrice.

Développer une culture scientifique populaire est non seulement une nécessité démocratique mais également une réponse à la multiplication des informations diffusées, parfois loufoques et parfois subventionnées par des intérêts privés. La prise de décision politique devrait s’appuyer sur l’évidence des recherches, en toute transparence d’intérêts.

J’ai emménagé à Rennes en 2009, attirée par cette ville étudiante, engagée et proposant une belle qualité de vie et une politique sociale et associative correspondant à mes attentes citoyennes comme à mes besoins, à cette époque, de mère isolée.

J’ai alors repris des études à l’Université de Rennes 2 pour préparer un Diplôme de Hautes Études en Pratiques Sociales, spécialité Ingénierie de formation, en axant ma recherche sur la façon dont les revendications des usagers concernant leur propre santé sont considérées par les soignants et institutions.

Cette démarche de transmission de connaissances et d’outils, de soutien, de progression s’est d’abord exprimée en travaillant en tant que formatrice pour le “Contrat d’Accueil et d’Intégration” pour les personnes migrantes, puis par un projet pour la jeunesse.

Convaincus que c’est par l’éducation que passent les changements, mon mari et moi avons fondé en 2012 de façon bénévole, un collège laïc, écologique et international s’appuyant sur la pédagogie Montessori, visant à ce que l’élève s’empare de ses apprentissages et développe son autonomie, et proposant aux adolescents des perspectives concrètes et porteuses de sens. Il a accueilli des élèves durant 2 années scolaires avant de fermer faute de modèle économique viable permettant d’ouvrir le collège à tous, quels que soient les moyens des familles.

Parallèlement, la question de la place de la société civile m’interrogeait, ainsi que celle de la gouvernance associative. Je me suis investie dans le Mouvement Associatif Rennais pour réfléchir au statut des associations de loi de 1901 et leur évolution, ainsi qu’au lien avec les politiques locales. Cela m’a permit d’avancer dans mes réflexions sur la démocratie locale, les budgets participatif et la participation au sens large.

Face à l’impact du dérèglement climatique et aux pollutions, j’ai choisi d’abord de contribuer au changement dans mes choix de vie personnels : manger local et participer aux jardins de nourriture à partager des Incroyables Comestibles, adhérer à Enercoop pour favoriser les énergies renouvelables, changer de banque, composter… Pour que cette dynamique soit aussi un choix professionnel, j’ai mené en 2013 une mission sur l’éco-consommation pour France Nature Environnement.

Mon engagement politique citoyen

En 2014 j’ai rejoint en tant que membre de la société civile la liste “Changez la Ville” (composée de 30% EELV — 30% Front de Gauche — 30% Citoyens) aux élections municipales de Rennes. Élue après une fusion avec la liste PS au second tour, j’ai été nommée adjointe déléguée à la santé

A ce titre, j’ai été élue en septembre 2014 à la présidence du Réseau Français des Villes-Santé de l’OMS, par les élus des 86 villes membres en France. A travers ce réseau, nous portons une action en faveur des politiques de santé municipales, en luttant contre les inégalités sociales de santé. Il s’agit également de faire entendre la voix des acteurs locaux au niveau national et de défendre son importance. L’une de mes réussites en tant que présidente est de faire travailler ensemble sur des projets communs des élus de tous partis politiques, et ce dans la bonne humeur, en évitant les mécanismes d’enfermement des clivages partisans pour agir en faveur du bien commun et de l’intérêt général.

Parce que la politique n‘est pas un métier, je suis consultante-formatrice en parallèle et j’interviens dans différentes formations (Union Internationale de Promotion et d’Éducation à la santé, École des Hautes Études en Santé Publique, Centre National de Formation de la fonction Territoriale, Institut de formation des travailleurs sociaux, formation d’élus..). L’un de mes sujets principaux est celui des inégalités sociales de santé.

Ma candidature à LaPrimaire.org

Je me suis lancée dans l’aventure de LaPrimaire.org pour trois raisons.

D’abord parce que je suis convaincue qu’il faut réinventer le système politique pour laisser une place aux citoyens, et sortir d’un système de partis qui aujourd’hui ne me semble pas répondre à son but premier (éducation politique, mobilisation populaire, constructions de projets partagés autour de valeurs communes) mais qui est devenu un instrument au service du pouvoir d’une minorité de personnes avec tous les dérapages qu’on leur connaît, les logiques de retour d’ascenseur et une absence de liberté terrible.

Ensuite j’ai vu dans cette aventure de primaire citoyenne une opportunité pour la santé publique. Cette question n’est jamais une question politique dans les débats nationaux et pourtant c’est un élément essentiel, à mettre au cœur de toutes nos actions — éducation, transport, urbanisme… et un sujet fondamental pour les habitants.

Enfin, la motivation qui a emporté la décision de me présenter est celle de la place des femmes en politique ; il n’y avait que 10 candidates pour 150 candidats, c’était une bonne raison supplémentaire de s’engager. En effet, en France la parité peine à avancer : on ne compte que 27 % de femmes à l’Assemblée Nationale, 25 % au Sénat et elles ne dirigent que six des plus grandes villes de France. L’égalité implique pourtant la parité.

Puis, en rencontrant les fondateurs de la Primaire, en avançant dans le processus, je me suis de plus en plus questionnée : et si ça marchait ? Si on réussissait, si j’étais présidente, qu’est-ce que je ferai ? Que proposent les autres, qui sont-ils ?

Alors j’ai continué à faire campagne et je me suis qualifiée grâce au soutien de plusieurs centaines de personnes. Cela m’engage, et j’ai donc avancé sur la possibilité d’une candidature collective, et des principes pour rassembler des mouvements citoyens qui ne se retrouvent pas dans les partis. Des candidats non qualifiés m’ont contactée, et une équipe se met en place. Au delà de me premières propositions autour de la santé publique, propositions que je continuerai à porter car cet enjeu est majeur pour notre futur, j’ai commencé à développer de grands axes pour une politique nationale, et surtout une stratégie de gouvernance et de prise de décision, pour que chacun puisse mettre ses compétences au service d’une candidature citoyenne.

Transparence et suite de ma candidature

Un autre aspect décisif de la primaire est sa transparence. Cette expérience permet aux citoyens de découvrir les coulisses d’un processus confisqué. Et pour être honnête, j‘ai beaucoup douté cet été de pouvoir continuer cette aventure, faute d’avoir les moyens de cet engagement.

Les propositions de coopération, les contributions que j’ai reçues, les personnes qui ont rejoint l’idée d’une candidature collective, et évidemment le soutien de ma famille ont fait qu’en septembre j‘ai réaffirmé mon engagement, en toute transparence concernant mes ressources et mon agenda ainsi que mes options pour la suite.

En effet, je suis élue locale, ce qui prend déjà une grande partie de mon temps. Je travaille à côté en tant que formatrice indépendante, et pendant que je préparais la campagne de LaPrimaire, je n’ai pas pu prospecter autant qu’il le faudrait pour assurer ma vie de famille et payer mon loyer. Il est donc nécessaire que je trouve des contrats jusqu’à décembre/janvier pour assurer cet engagement.

Au delà de cette première étape, une campagne présidentielle c’est un engagement à temps plein, plus que plein. Être la candidate qualifiée impliquera des déplacements, des meetings, une grande disponibilité. Cela veut aussi dire que pendant 4 mois je ne serai pas souvent à la maison. Or j’ai trois enfants, deux beaux-enfants, mon mari travaille, et je n’ai pas de famille qui puisse prendre le relais. De nouvelles personnes arrivées dans le projet m’ont proposé leur aide pour du baby sitting et c’est un autre point déterminant dans ma décision de m’engager.

J’ai donc poursuivi donc cette aventure avec une équipe, avec ces enjeux qui sont aussi la marque d’une candidature citoyenne, d’une candidature de quelqu’un qui n’a pas ni ne souhaite une carrière politique, d’une candidature de femme, de mère.

Des propositions pour une politique citoyenne

Le revenu de base sera l’un des éléments clés de la campagne à venir, car c’est aussi ce revenu qui permettra à plus de gens de s’engager. C’est l’une des propositions phare que je vous présenterai dans le programme qui se construit. L’abstention gagne toutes les élections, la politique doit de se renouveler mais de quelle façon, et avec qui ? Si nos sociétés doivent de devenir résilientes, si nous voulons mettre en place des solutions pour des énergies renouvelables coopératives, pour une l’agriculture urbaine, si les communautés locales veulent inventer de nouveaux modes de vie adaptés, il faudra bien que chacun ait la possibilité de dégager du temps pour participer à la construction d’un futur durable.

Guerre d’égo ou rassemblement d’idées

Dans la Vème République, l’élection présidentielle résulte de la campagne d’un homme ou une femme “providentiel-le” et non pas de celle d’une équipe. Une de nos propositions clés consiste dans le changement de constitution pour instaurer un régime parlementaire piloté par un ou une premier ministre, avec des citoyens tirés au sort pour siéger dans les chambres avec des parlementaires élus, comme c’est d’ailleurs le cas dans une majorité des pays d’Europe ou au Canada. Ce serait également une économie de moyens car la campagne présidentielle coûte des centaines de millions d’euros d’argent public (René Dosière estime que le coût global de l’élection présidentielle, en 2012, s’est élevé à 228 millions d’euros, avec 10 candidats en lice. Il avait été de 133 millions en 1995, 200,3 millions en 2002, 210,7 millions en 2007 — “L’Argent de l’État”),

D’autre part, la présidentielle française est un moment violent.
La façon dont se passe le jeu politique aujourd’hui consiste en attaques personnelles et menaces. L’usage veut que l’on se montre, que l’on harangue, les candidats n’ont pas d’autre choix que de se mettre au centre et d’utiliser parfois (trop souvent) un vocabulaire guerrier peu compatible avec mon engagement pour la paix. Dans la campagne de la Primaire, nous échangeons autrement. Plusieurs d’entre nous préfèreraient une campagne collective, voire anonyme mais le système actuel fait qu’il faudra faire émerger un-e seul-e candidat-e et faire campagne aussi sur sa personnalité.
Est-ce que j’en ai envie ? Non, je ne peux pas penser que “la France a besoin de moi”.
Mais est-ce que j’ai envie de voter pour quelqu’un qui tiendrait ce discours guerrier, devons-nous accepter que la campagne présidentielle soit une bataille d’égo ? Non, trois fois non.

Une candidature différente

Dans ce cas il s’agit de trouver un-e candidat-e qui saura animer notre démarche, fasse émerger une pédagogie de la décision. Si nous souhaitons nous affranchir des politiques professionnels, et c’est la volonté d’une immense majorité de la population, nous devrons accepter des candidats qui ne savent pas tout et qui, en revanche, savent expliquer pourquoi ils font une proposition et comment, sur quels experts (scientifiques mais aussi experts d’usages) ils s’appuient. Le ou la candidat-e citoyen-ne ne sera pas omniscient, ne parlera pas la langue de bois, et pourtant il-elle devra jouer sa partie dans un univers narcissique. Jouer le jeu de la présidentielle, sans être un pion, sans s’y perdre, sans se corrompre. Hacker le système en somme, pour le changer vers une démocratie réelle efficiente.

Un sacré challenge, un beau défi qui me semble à la fois insurmontable et plein d’espoir, possible et utopique, peut-être naïf mais indispensable, et surtout jamais cynique. J’ai poursuivi mes idéaux tout au long de ma carrière, et mes échecs comme mes réussites m’invitent à continuer dans cette voie.

Les semaines qui viennent vont nous permettre d’ouvrir ces débats avec des dizaines de milliers de citoyens, et nul doute que cela nourrira nos questionnements.

Enfin, au delà de cette élection présidentielle, une nouvelle ère politique s’ouvre, et dans les élections à venir, législatives, européennes, municipales, nous verrons apparaître de plus en plus de candidats citoyens, gage d’une réforme en profondeur des institutions de ce pays.